lundi 8 octobre 2007
L'eau : une ressource sous-estimée et mal utiliséeDepuis quelque temps, on entend beaucoup parler de l’eau, cette ressource abondante au Québec, au Canada, voire en Amérique du Nord, mais ressource en manque dans nombre de pays. Plus particulièrement, nous avons pu lire dernièrement dans certains quotidiens québécois, des articles fort intéressants sur l’eau et son étroite relation avec les industries, l’activité agricole, la société actuelle et son niveau de consommation.
Superbe image satellite de notre Terre prise par la NASA
Je dois dire qu’il m’est toujours un peu difficile de comprendre la profondeur du problème et d’apprécier à quel point nous sommes choyés d’avoir un accès si facile à « l’or bleu » en Amérique du Nord. En quoi est-ce que cette ressource est-elle menacée ? Pourquoi serons-nous en pénurie d’eau sur Terre d’ici les prochaines décennies ? La ressource ne se volatilise tout de même pas, considérant qu’il s’agit d’une ressource renouvelable !
Que se passe-t-il vraiment ?
Tout d’abord, il est important de comprendre que l’eau demeure intimement liée à la présence de la vie sur Terre. Tous les organismes vivants ont besoin de cette ressource pour survivre et conséquemment, de légères fluctuations quant au niveau des eaux d’une rivière, d’un fleuve, d’un lac ou d’un océan peut avoir de graves conséquences sur la totalité de l’écosystème. Dans le même ordre d’idées, le rejet de substances polluantes dans un cours d’eau peut avoir le même genre d’effets destructeurs. Voyons plus précisément un certain nombre de problèmes liés à l’eau ainsi que leurs conséquences et solutions possibles.
Pénurie d’eau potable
L’eau est une ressource très abondante sur Terre, or, 97% de cette eau est salée et conséquemment, demeure non potable - la trop forte teneur en sel de l'eau de mer a un pouvoir déshydratant et empire donc la soif. Des quelques pourcents qu’il reste, seul le tiers est en fait disponible sous forme liquide et accessible à la consommation.[1] Le problème principal, cependant, est que cette eau potable n’est pas du tout répartie uniformément au niveau planétaire. Par exemple, tandis que certaines régions d’Amérique du Nord offrent plus de 600 000 m3 d’eau douce par personne et par année, certaines régions d’Afrique ne disposent que de quelques centaines de mètres cube.[1] La pénurie d’eau n’est donc pas généralisée sur toute la planète, cependant, on se doit de comprendre que les impacts de cette pénurie dépassent largement les frontières politiques entre pays. Selon l’ONU, l’inégalité de la répartition de l’eau douce sur Terre sera l’une des plus grandes sources de conflit pour l’avenir.[1] Les changements climatiques et la diminution des pluies et des précipitations ne feront qu’aggraver la situation.[4]
Photo de gauche prise par Malene Thyssen.
Un problème tout aussi grave que la pénurie est la surconsommation, la mauvaise gestion de la ressource et le gaspillage. Et contrairement au problème de pénurie, celui-ci est largement généralisé à la planète entière. Voici quelques chiffres afin d’illustrer le problème : plus de 65% de l’eau douce prélevée en Amérique du Nord n’est pas consommée et se trouve donc essentiellement gaspillée. Voici les mêmes proportions pour le reste de la planète : Europe 56%; Amérique du Sud 40%; Australie 40%; Asie 39% et Afrique 29%. [2] Les chiffres sont éloquents, voire troublants !
Pénurie d’eau ?!
J’écoutais le film du politicien américain Al Gore – An Inconvenient Truth – et ce dernier affirme que d’ici les prochaines décennies, la Terre sera pratiquement engloutie par l’eau dû à la fonte des glaciers et à l’augmentation du niveau des océans… Tout ça me semble contradictoire, ne devrait-on pas tous se mettre d’accord sur le problème ?
On doit faire très attention ici pour ne pas confondre des problèmes complètement différents. Le réchauffement climatique est un fait bien réel, tout comme la hausse du niveau des océans. Les conséquences liées à ces changements climatiques demeurent encore imprévisibles et il est possible qu’elles frisent la catastrophe, cependant, cette eau n’est pas potable et ne pourra en aucun cas solutionner le problème du manque d’eau nécessaire à la consommation. En ce sens, alors que l’on prévoit une augmentation du niveau des océans, les spécialistes voient venir d’importantes baisses des réserves d’eau douce à l’intérieur des continents.[4]
Il y a quelque chose que je ne saisis pas tout à fait. N’avons-nous pas trouvé un moyen de dessaler l’eau de mer ? Je veux dire, à l'époque où nous vivons, ne sommes-nous pas capable de séparer le sel de l'eau ?
Il existe essentiellement deux méthodes pour dessaler l’eau (les procédés de distillation et d’osmose inverse), cependant, ces méthodes sont coûteuses, tant au niveau financier qu'au niveau énergétique. Seuls les pays très riches et possédant peu de ressources en eau tels le Koweït et l’Arabie Saoudite peuvent se permettent de produire de l’eau de consommation selon ces procédés.
Photo de gauche prise par Malene Thyssen.
Ok ! Pourquoi dit-on que l'eau est une ressource renouvelable si nous sommes tranquillement en train d'épuiser la ressource ?
Ressource renouvelable, mais pas inépuisable
Par définition, une ressource renouvelable est une ressource naturelle dont les quantités peuvent se reconstituer sur une période courte à l’échelle humaine.[5] Cependant, pour qu’une ressource soit réellement considérée comme renouvelable, elle doit aussi se renouveler plus rapidement qu’elle n’est consommée. C’est en ce sens que l’on doit être prudent à considérer l’eau comme une ressource renouvelable. De plus, cet aspect renouvelable dépend entièrement du cycle de l’eau et un simple débalançement de ce cycle – tel que causé par une diminution de précipitations ou des changements climatiques – pourrait avoir de graves conséquences, voire limiter le renouvellement de la ressource. Pour ce qui est de l’eau potable, aucun doute que celle-ci n’est pas inépuisable. On puise celle-ci dans nos lacs, rivières et dans les sous-terrains, et comme tu l'affirmes, ces réserves diminuent.
Ne retrouve-t-on pas aussi l’eau potable dans les glaciers ? Ne constituent-ils pas une grande réserve d’eau potable ?
Oui, tu as raison. En ce sens, l’Antarctique constitue le plus gros réservoir d’eau douce au monde.[2] N’oublions pas cependant qu’il serait loin d'être facile ou abordable d’aller chercher nos besoins en eau potable jusqu'en Antarctique. Un peu loin pour une bonne limonade bien froide, non ?!
Gauche : image satellite de l'Antarctique (NASA); Droite : photo du Mont Herschel en Antarctique prise par Andrew Mandemaker.
Eau versus les industries et l’agriculture
Un autre point important à considérer serait la présence de polluants dans notre eau. Que ce soit celle des rivières, des lacs ou des sous-terrains, la pollution de l’eau demeure un phénomène très présent à l’échelle planétaire, phénomène intimement lié à l’épuisement des ressources d’eau potable d'ailleurs. La pollution de l’eau peut se traduire par la présence d’éléments très variés : nitrates, pesticides, chlore, plomb, calcaire, etc.[6] Ces éléments nuisibles peuvent provenir de bien des endroits, mais ils sont souvent liés à une présence agricole, industrielle ou domestique. Sachons que tous avons un rôle excessivement important à jouer quant à la préservation de la qualité de notre eau. Sensibilisons-nous au problème, mais évitons aussi de condamner aveuglement les agriculteurs et industries. Bon nombre de ceux-ci ont dépensé d'importantes sommes d'argent afin de minimiser le rejet d'éléments polluants. On se doit de comprendre que tous faisons partie à la fois du problème et de la solution.
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[2] : Journal La Presse du samedi 6 octobre 2007, dossier environnement.

